من هنا و هناك: صادق

ويتساءل صادق: “لماذا أمشي وأمشي وأمشي كل يوم ولا أستطيع دراسة الذكاء الاصطناعي بدلاً من ذلك؟

“…يومًا ما إن شاء الله سأسافر إلى الجانب الآخر من هذا البحر

© Jarmo Pikkujamsa

أنا أتقاسم معك شغفي بالكتابة مع بعض البدايات للقصص. كيف تستمر هذه القصة؟ أنا متعلم مدى الحياة للغة العربية، من فضلك لاتتردد في كتابة تعليق، يمكن أن يساعدني كثيرا. شكرالك

Rejuvenation

Screenshot from alternativephotography.com

You can still take part in the annual Worl Cyanotype Day until September 25 so don’t hesitate to send your work in and spread the word. It is organized by Alternative Photography, a community of photographers who share their passion for the analogue. Cyanotypes are fun, and again the gallery with this year’s theme “Rejuvenation” shows how this printing method can produce such diverse results. Let the sun shine in!

La Bague

Quels sont les objets que je porte toujours avec moi ? Commençons, premièrement, par une déclaration: dans ma mini-révolution analogique, une fois sur deux, je laisse mon smartphone à la maison quand je sors et le remplace par un bloc-notes, un crayon, et un livre. Pour les oublieux qui se bousculent dans l’immédiat: la fonction “appels manqués” était une invention révolutionnaire, et il existe toujours. Pour l’action d’écrire à la main, je me suis attaché aux crayons et mes multiples carnets de notes de toute taille. Chercher la meilleure combinaison de la douceur du plomb par rapport au papier utilisé est toute une science qui m’excite. Si je pouvais, je porterais avec moi aussi ma machine à écrire, une Mercedes des années 30 qui pèse dix kilos. Belle et robuste, qu’il arrive une tempête solaire ou pas, je peux toujours compter sur elle. D’ailleurs, quand avez-vous entendu le son d’une machine à écrire la dernière fois? Jamais? Je vous invite.

Ensuite: porte-clés, obligatoirement. Fabriquée à partir de la peau de poisson (saumon si je ne me trompe pas), la mienne est une pochette en cuir, adorablement organique et plate, style mini-baleine qui avale les clés, permettant d’éviter qu’ils grattent l’écran d’un smart phone, les jours où. Je note, en passant, dans mon carnet: me ralentir. Tanner des peaux de poisson et en fabriquer des tongs.

En finalement: l’excentrique. Ma bague en argent scintille dans mon index. Il m’arrive de la mettre dans ma poche si j’ai envie de faire l’incognito. Un texte “Merci Serigne Touba” y est gravé en wolof, en lettres arabes, sur la surface lisse de la bague en format de cube, décorée style Kaba en miniature. J’ai demandé à mon ami maure le vendeur ce qui se lisait sur la bague. “C’est une prière”, a-t-il répondu catégoriquement, pour dire que c’est une histoire des Mourides, rien à faire avec toi, mais achète-la ! Quand je la porte, les plus enthousiasmés poussent des cris de joie lorsqu’ils réalisent que je connais qui est leur vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, aka Serigne Touba. Ma bague fait pleuvoir des compliments dans des situations inattendues, mais je la porte comme une sorte de déclaration silencieuse qui me positionne dans le rang des tropicalisés, reconnaissant d’une appartenance à un pays où la réappropriation culturelle n’a pas encore été inventée.

La Table

Le café avait changé de nom, mais l’ancienne enseigne, la mienne, y restait à côté du nouveau. Depuis que j’avais arrêté, j’avais évité cette rue. Du coup, je me trouvais dans le quartier pour une affaire et voulais un espresso, alors je me suis dit: pourquoi pas ? Le nouveau propriétaire, Jack, avait choisi des meubles technos en plastique gris foncé. Voyant que Jack attendait ma commande, visiblement très occupé malgré juste quelques clients, j’avais beaucoup de peine à détacher mon regard de la seule table unique, sans chaises, poussée au coin. Ma table avait l’air d’une mauvaise dent qui n’appartenait plus dans la bouche, mais qui pendait, ridiculement, avant de tomber.

J’en avais créé une dizaine de tables de mes propres mains, décorées d’anciens journaux que j’avais trouvés à Addis dans une boutique. Un design à admirer devant les lattes et cappuccinos, effet bien réussi. Plus tard, j’avais accepté une collaboration avec des investisseurs pour encore mieux propager mon amour d’une culture de café et ses manifestations. Mais les investisseurs avaient d’autres visions, comme les gaufres belges dans le menu, pour “maximaliser les gains.” Une véritable usine de blanchiment d’argent, où la torréfaction ne comptait plus. Soudainement, l’ambiance ethiogroove était remplacée par une compilation au chewing-gum via Spotify, les vitrines étaient décorées de copies des masques africaines et de petites statuettes de Bouddha qui souriaient. C’était comme le resto libanais, repris par une famille sénégalaise qui triomphait avec leur ceebu jen et qui ne voulait pas changer le nom du resto ni le menu, mais ne savaient pas ce que c’est que hoummous. Ou comme la maison portugaise qui nous avait surexcités avec nos idées de rénovation dans la tête, et qui avait été achetée devant notre nez par quelqu’un. Peu après, la maison avait été rasée et remplacée par un cube en béton, trois étages avec des balcons. Nous étions en larmes.

“Bien sûr que vous pouvez la prendre en photo”, Jack a dit. Il n’était pas du tout curieux de savoir pourquoi je voulais photographier la table. J’ai payé mon café et j’ai pris la photo, sans même trop savoir pourquoi. Je n’ai rien dit à Jack, qui avait l’air sympa malgré ses gestes inutiles d’un occupé. Son bar à deux noms était un rappel de quelque chose de toujours un peu dur à avaler. Plus dur que le café corsé de Jack, qui aurait pu apprendre au moins prononcer espresso au lieu de dire chaque fois expresso.

Lily of the Valley

A most certain sign that it is summer again: I am picking up plants and squeezing out their juices for anthotype printing. I had made myself a mental note, after having read somewhere, that the lily of the valley has a very high degree of photosensitive chlorophyl in it. I never had the chance to test it, until today. My improvised photo lab lacks some finesse and equipment but hey, life was meant to be experimental, peppered with improvisation if you ask me! I pounded some leaves like they were yam and then squeezed the resulting green porridge by hand on paper. The only thing I can do now is wait patiently and let the sun do its part.