Itegue Taytu

Photo: Jarmo Pikkujämsä

L’hôtel Itegue Taitu, construit en 1898 et nommé d’après l’impératrice Taitu Betul, est pour les nostalgiques un petit paradis. 

L’humidité et l’air frais de la capitale pénètrent le nez déjà au petit matin. Depuis le hall, ils commencent à se mélanger à l’eau de Javel. Les femmes de ménage patinent comme des ballerines maladroites avec des chiffons aux pieds sur de vieux parquets. Au petit déjeuner, l’encens Lubbanza, familier de Dire Dawa, se mêle légèrement aux arômes de vieux cuir et café fraîchement torréfié.

L’odeur de moisissure me ramène vite aux collines de Piassa, aux rythmes ophtalmologiques d’ingéra, de la viande crue et de poivre éjectées des restaurants.

Ces mêmes odeurs se sont-elles glissées dans son nez impérial de Taytu alors qu’elle écrivait ses poèmes et régnait sur ce vaste pays ? Elle a passé ses derniers jours sur le mont Entoto, entourée d’airs purs. De là, le parfum le plus distinctif de la ville, l’eucalyptus, descend toujours sur Addis-Ababa.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: